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Il est loin le temps où la naïveté joyeuse prévalait ! Après quelques années où nous avons déversé sans frein toutes nos informations personnelles sur les réseaux (le temps où pas un diner d’anniversaire ou le moindre achat de chaussure n’échappaient à Facebook) est venu le temps de la méfiance.

Toujours plus loin dans l’exploitation des données

Nous continuons à alimenter les Gafa en données personnelles, mais la plupart des utilisateurs sont conscient que ce n’est pas très bien. Tout le monde a compris, ou presque, que nos données, agrégées, triées, conservées, sont la nouvelle mine d’or de la technologie.

Du coup, la foule demande des comptes. C’est le syndrome Terminator : il a fallu deux épisodes pour tenter de nous rendre sympathique le protagoniste principal. Non, les Gafa ne nous veulent pas de mal, et le respect de notre vie privée est leur préoccupation constante. Pour contrer la parano, il leur faut démonter un paradoxe : oui, vos données sont cruciales pour bénéficier des bienfaits de l’intelligence artificielle ; non, ce n’est pas votre vie privée qui nous intéresse.

À mesure que la défiance se développe, avec l’argument de mieux protéger nos téléphones, les constructeurs nous en demande toujours plus : reconnaissance digitale, vocale et, désormais, faciale.

Rendre l’identification personnelle impossible

La prochaine mouture de l’iPhone, la version X, se déverrouillera d’un simple regard et reconnaitra votre visage, après en avoir enregistré les caractéristiques en trois dimensions. Le système est même capable d’actualiser votre apparence en fonction de son évolution (coupe de cheveux, barbe, âge). Couplé à la reconnaissance de vos empreintes digitales, l’iPhone deviendra, pour les esprits chagrins, un condensé d’identité biométrique. De quoi faire hésiter même ceux qui « n’ont rien à cacher. »

Jusque-là, quand s’engageait avec le FBI un bras de fer pour accéder à des données de suspects, Apple se trouvait devant un choix dont son image ne pouvait que pâtir : protéger à tout prix l’accès aux données (et passer potentiellement comme un « protecteur de délinquants ») ou se placer sous l’autorité des investigateurs (et ne pas rassurer du tout ses utilisateurs lambda).

Pour sortir de ce dilemme, la marque à la pomme envisage de reprendre et de développer une « vieille technologie » laissée à l’abandon depuis le début des années 2000, le « differential privacy. » Le principe : agréger des données individuelles, mais rendre leur identification impossible. Savoir tout de la foule et rien de l’individu, voilà l’enjeu. En tout cas le plus évident.

Car, en plus de confier à Apple le rôle du défenseur des individualités, l’extension de cette technologie pourrait lui donner un avantage décisif en l’autorisant, comme la marque le promet, à bloquer l’utilisation de cookies qui permettent de suivre un internaute à la trace, pour lui proposer, de site en site, des publicités ciblées. Un moyen potentiel de pouvoir (ou de racket) à l’encontre des annonceurs en ligne. Dans une lettre ouverte, ils accusent Apple de vouloir « compliquer l’expérience des utilisateurs et de saboter le modèle économique d’Internet. »

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