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On nous annonce un raz de marée et une nouvelle révolution technologique. Selon les prévisionnistes, entre 25 et 50 milliards d’objets connectés seront en activité en 2020. Ce calcul inclut les voitures, les caméras de sécurité, les instruments domestiques et à peu près tous les objets du quotidien, potentiellement reliés entre eux à très court terme.

L’invasion des puces

Cette invasion en cache une autre : les puces, déjà nombreuses, vont se multiplier et représenter une manne énorme pour les fabricants de semi-conducteurs. Avec la baisse du nombre d’ordinateurs personnels vendus, l’enjeu est en passe de devenir crucial pour les constructeurs comme Intel ou AMD.

Car tout ne va pas bien pour eux : en phase de stagnation, Intel s’apprête à supprimer 12000 postes (un peu plus de 10% de ses salariés), notamment en France.

A ce stade, l’internet des objets (IoT) ne représente que 5% du chiffre d’affaires de la firme, mais il a connu une progression de 15% entre 2015 et 2016. La société multiplie les processeurs adaptés (voiture, vêtement, montres, etc.), cherche à proposer une gamme aussi étendue que possible et tente de rééditer l’exploit qui l’avait vu s’imposer largement sur le marché des PC.

Match Intel Qualcomm

Au-delà des puces embarquées, la firme développe des processeurs adaptés au marché des serveurs qui permettront l’inter-opérabilité des objets connectés, via le cloud. L’objectif ? Contrôler l’ensemble de la chaîne, en incluant le traitement des données collectées.

Un seul rival semble aujourd’hui en mesure de contester à Intel sa position dominante. Qualcomm, qui réalise plus de 60% de son chiffre d’affaires grâce aux puces des smartphones, premier de tous les objets connectés. Ce positionnement est un réel avantage : les puces de l’IoT ressembleront en taille et en performance à celle des téléphones, et la société compte bien tirer parti de son avantage et de ses très nombreux brevets. En octobre, Qualcomm rachetait son rival NXP pour 47 milliards de dollars qui lui-même, quelques mois plus tôt, mettait la main sur Freescale pour 11 milliards…

Main basse sur les données personnelles

Une concentration à marche forcée qui réduit rapidement le nombre de prétendants au titre de roi de l’IoT. À court terme, les objets connectés risquent bien de devenir les premiers pourvoyeurs de données personnelles, loin devant les ordinateurs et même les smartphones.

En sus du potentiel du marché « matériel », les données issues de l’IoT représentent une richesse dont même les acteurs ont du mal à imaginer l’ampleur dans les années qui viennent. Le futur vainqueur du marché espère donc mettre la main sur le contrôle et le traitement des données. Une telle position permettrait, peut-être, d’orchestrer l’autre bataille du monde de l’IoT, celui du protocole, car, à ce jour, la principale faiblesse des objets connectés réside dans l’homogénéisation des langages des objets.

En lieu et place de la tour de Babel actuelle, où aucun protocole ne semble en mesure d’imposer sa loi, les constructeurs rêvent de construire, et de contrôler, l’intégralité de l’écosystème. Le vainqueur détiendra alors les clés d’un monde intégralement connecté.

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