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Toujours plus dépendants à leurs smartphones, les Français sont par contre un peu moins enthousiastes lorsqu’il s’agit de faire entrer les objets connectés dans leurs vies. Pour autant, une société française souhaite s’imposer comme le leader mondial du secteur.

Les objets connectés envahissent peu à peu nos vies. Portés par le développement des smartphones, la miniaturisation des composants électroniques et des batteries, la promesse de nous simplifier la vie et l’avènement du self-quantified, ces gadgets hi-tech s’étalent dans les magasins et s’affichent dans les magazines. Malgré cela leur adoption par les Français est plus lente que dans certains autres marchés, comme les Etats-Unis. En février 2014 l’institut de sondages BVA rendait publique une étude montrant que près d’un quart des Français avaient utilisé au moins un objet connecté et que près de 84% d’entre eux jugeaient que les objets connectés représentaient un progrès. Pour autant comment expliquer que ce marché soit un peu moins dynamique dans l’hexagone.

Les objets connectés, un progrès mais …

Une étude récente du cabinet OpinionWay montre que les Français ont trois motifs principaux d’inquiétudes vis à vis des objets connectés. En premier lieu ils considèrent que les produits proposés sont souvent trop chers. Il est vrai que les objets connectés n’ont pas vocation à réduire notre budget. A l’achat de l’appareil s’ajoute généralement un abonnement à un service qui analyse les données issues des appareils et nous prodigue conseils et recommandations ou nous alerte. La seconde préoccupation des Français concerne la sécurité face à toutes ces données que l’on rend accessible à des tiers. La crainte est légitime. Plus l’appareil utilisé est complet, et plus il collecte de données différentes sur nous ou notre environnement, ce qui expose une partie de notre vie. Au début de l’année le fabricant de jouets VTech, qui propose notamment des tablettes ou des animaux robots pour enfants, a fait face à une cyberattaque ayant conduit à une fuite concernant 10 millions de données personnelles. Car le problème des objets connectés est que, mal sécurisés, ils peuvent servir de point d’entrée sur votre réseau Wifi à la maison. Et si l’on peut se dire que pirater les données associées au capteur qui surveille l’arrosage de votre plante verte préférée est assez anodin, si cela permet d’accéder à votre réseau Internet personnel, les conséquences peuvent être dramatiques. Enfin le troisième handicap des objets connectés aux yeux des Français est la question de leur utilité. Là aussi l’inquiétude est légitime car si dans un premier temps le côté nouveau ou gadget peut séduire, l’intérêt de l’objet connecté repose sur une utilisation de long terme. Pour le consommateur évidemment, mais également pour le fabricant qui bénéficie d’un retour d’expérience grâce aux données collectées, qui lui permet d’innover, de développer de nouvelles fonctionnalités … Et à y regarder de plus près, ces trois inquiétudes exprimées par les Français sont cohérentes, légitimes et totalement liées. Car le consommateur peut accepter de payer un prix plus élevé s’il bénéficie en retour d’un vrai service, couvrant un besoin réel, et ce sans s’exposer en terme de sécurité. C’est là que réside le défi pour les sociétés présentes sur le marché des objets connectés : penser au besoin que l’on cherche à couvrir plutôt que de se demander comment on va positionner son produit dans l’Internet des objets. C’est en tout cas la meilleure recette pour éviter de n’être qu’une comète dans ce marché.

Une infographie tendances.info sur les Français et les objets connectés.

Des sociétés françaises leaders des objets connectés ?

Si les Français sont encore un peu réticents, ou méfiants, vis à vis des objets connectés, des sociétés françaises, en revanche, se positionnent sur ce secteur. Parmi elles Withings dont le premier objet connecté, un pèse personne, date de 2009. La société a ensuite continué son exploration de l’Internet des objets dans le domaine de la santé et du confort de la maison : tensiomètre, tracker d’activité, caméra de surveillance … Sept ans après sa création Withings réaliserait un chiffre d’affaires de près de 100 millions d’euros. Et l’expérience acquise par l’entreprise a suscité l’intérêt de Nokia qui prévoit de racheter Withings pour 170 millions d’euro au troisième trimestre de cette année. Autre acteur français du secteur : Parrot. Créée en 1994 la société développait initialement des solutions de reconnaissance vocale. Parrot est désormais un acteur important du marché des drones de loisirs, mais elle dispose également d’autres objets connectés comme le Parrot Flower Power, un capteur qui surveille la santé des plantes. A ces deux sociétés françaises, pionnières du domaine, s’ajoute l’ambitieuse Sigfox. L’entreprise toulousaine créée en 2009 propose un réseau qui permet aux objets connectés de communiquer entre eux. Même si une polémique s’est ouverte ces dernières semaines sur l’absence de sécurité du protocole utilisé par Sigfox (un sujet sur lequel nous reviendrons prochainement), la start-up française, qui revendique faire communiquer entre eux près de 7 millions d’objets connectés, a signé des partenariats majeurs avec SFR, Microsoft, ou WND pour le marché brésilien. En 2015, l’entreprise a réussi l’une des plus importantes levée de fonds au sein des start-ups françaises avec 100 millions d’euros. L’avantage de la technologie proposée par Sigfox est qu’elle permet de diminuer de manière importante la consommation d’énergie dont les objets connectés ont besoin pour dialoguer. Sur cette base, Ludovic Le Moan, le fondateur de Sigfox, pense pouvoir devenir le leader de l’Internet des objets, celui par lequel les fabricants d’objets devront passer pour faire communiquer leurs innovations.
A côté de ces grands acteurs français, auxquels on pourrait ajouter Netatmo, une foule de start-ups cherchent à percer. Et Lyon, associée à la capitale française des semi-conducteurs, Grenoble, entend bien devenir référent européen en matière d’objets connectés. Organisatrice du second Showroom de l’Internet des objets (SIdO) les 6 et 7 avril dernier, Lyon entend miser sur l’expertise grenobloise en matière d’électronique de pointe et sur l’écosystème qui se constitue autour de Bruno Bonnell dans la robotique à Lyon. Mais d’autres villes françaises essaient de devenir le pôle de référence de l’Internet des objets : Angers et sa cité de l’objet connecté, Toulouse en pariant sur la capacité de Sigfox à créer un réseau de jeunes pousses dans la région. Car si les Français demandent à être convaincu de l’intérêt des objets connectés, les collectivités locales ne veulent pas laisser passer la chance de positionner leur territoire sur un marché porteur.

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