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«  Le collier dont je suis attaché de ce que vous voyez est peut-être la cause » Cruel dilemme du loup qui envisage de devenir chien et de prendre laisse : accepter la domination des humains présente des avantages, gîte et couvert au minimum, mais aussi de sérieux inconvénients. Les hommes font payer cher cette soumission. Nous n’avons jamais hésité à utiliser « le meilleur ami de l’homme » à la guerre, chien démineur ou de combat, ou à leur faire subir tous nos caprices.

Parfois, les intentions sont louables : des scientifiques japonais de l’Université de Tahoku viennent de mettre la dernière main à la panoplie du chien secouriste de nouvelle génération. Regroupée sur une « veste canine », une série d’équipement optimise le travail de l’animal dans les décombres : caméra embarquée, transmission en temps réel, localisation GPS… D’après les Japonais «  les capacités olfactives d’un chien sont irremplaçables, mais l’utilisation d’une caméra nous permettra de repérer et d’aider plus de victimes et surtout d’évaluer la situation bien plus précisément que l’animal ne peut nous l’indiquer. »

Cette quête du meilleur outil canin possible a poussé la police singapourienne à désormais cloner ses chiens spécialisés dans la recherche de drogues. À vrai dire, la technologie connait encore des ratés d’importance : peu d’embryons survivent, les clones sont régulièrement pourvus d’organes trop gros, ils vieillissent prématurément et aucune garantie concernant la personnalité future de la copie conforme n’est proposée. Rex II pourrait très bien avoir un caractère déplorable.

Pourtant, le business se développe, notamment en Corée, où la créativité des recherches embryonnaires n’est pas contrariée par des lois tatillonnes. Il faut compter entre 70000 et 90000 euros pour tenter l’expérience. Il y a quelques mois, l’entreprise de clonage sud-coréenne Sooam Biotech lançait avec un succès un appel aux dons pour permettre à Rebecca, une Anglaise de 29 ans, de réaliser son rêve : dupliquer Winnie, son teckel un peu vieux.

D’autres sont plus ambitieux. Le plus grand site mondial de clonage d’animaux est en cours de construction en Chine. Pour un investissement d’un peu moins de 30 millions d’euros, il vise la production de chiens, de chevaux, et d’un million de vaches par an. « Les agriculteurs chinois ont des difficultés à produire suffisamment de vaches à viande pour répondre à la demande du marché », selon le président de Boyalife, Xu Xiaochun.

La pratique est déjà courante aux États-Unis, un clonage bovin y coute entre 5000 et 10000 dollars. Pas si cher pour faire perdurer un reproducteur trop âgé, mais « génétiquement optimal ». Nous ne demandons plus seulement aux animaux de nous consacrer leur vie, nous pouvons désormais l’exiger indéfiniment. Ils ne sont plus seulement des objets, mais des objets de série. De son côté, la société Fetch annonce le développement d’un collier et d’une application qui permettront de « traduire en humain les aboiements de votre chien. » Si la parole venait à ne plus leur manquer, méfions-nous tout de même de ce qu’ils auraient à dire.

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