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8,996,429. Il ne s’agit pas du montant de la cagnotte du prochain Loto, mais de la référence d’un brevet obtenu le 31 mars dernier par Google. Depuis, ce brevet ne manque pas de faire parler. Il faut dire que son intitulé est attractif : méthodes et systèmes pour le développement de la personnalité des robots. Et les articles se sont multipliés pour expliquer que le géant de Mountain View faisait breveter une invention qui permettra de doter un robot d’une personnalité, par exemple d’une personne décédée ou d’une célébrité. Forcément cela fait rêver … ou au contraire cauchemarder. Et l’on nous raconte ainsi que les attributs de la personnalité seront hébergés dans le Cloud et que l’on pourra ainsi les transférer au gré des envies ou en fonction de situations pré-définies.

Un brevet sans innovation technologique

Le problème avec ce genre d’articles, c’est qu’avec des titres et des sujets aussi racoleurs on en oublie l’essentiel : le contenu du brevet. Certes sa lecture n’est pas des plus passionnantes. Mais elle nous permet au moins de faire la part des choses.
Effectivement, Google parle bien de transfert de personnalité vers des robots, décidé par leur propriétaire ou défini à partir de données obtenues par des capteurs (par exemple les conditions météo qui pourront agir sur l’humeur du robot). Il est vrai que le texte mentionne aussi le transfert de traits de personnalités décédées ou de célébrités (comme Woody Allen, cité dans le brevet). Mais que cela vous rassure ou que cela vous déçoive, le brevet ne démontre pas que l’arrivée de robots humanisés est pour tout de suite. Lorsque le brevet évoque la personnalité à télécharger dans le robot, il s’agit avant tout de postures physiques, d’intonations de voix, d’états émotionnels (peur, colère, joie …) et de vocabulaires employés. Le brevet n’indique pas que les chercheurs de Google ont réussi à découvrir l’innovation qui permet de transformer la personnalité humaine en un ensemble d’algorithmes. Le brevet définit plutôt un champ d’application pour des interactions entre l’homme, le robot et leur environnement. Et une partie du brevet est consacrée à décrire ce qu’est le cloud.

Google, des robots.txt aux robots personnels

Pourtant cet « emballement » médiatique, tout relatif il est vrai, illustre la part de fantasmes qui entoure les projets de robots humanoïdes. Certes, il n’est pas neutre que ce brevet provienne de Google, dont l’un des dirigeants, Ray Kurzweil, l’un des ambassadeurs du transhumanisme, estime que dans de prochaines décennies on pourra télécharger tout ce qui fait l’esprit d’un humain dans la mémoire d’un ordinateur. La vie éternelle, mais dans le corps d’un robot.Ce qu’indique plus surement ce brevet, plus que des innovations radicales à brève échéance, c’est une volonté. Celle de Google de s’impliquer de plus en plus dans le domaine des robots personnels.

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