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Malgré l’accélération des avancées technologiques des dix dernières années, en 2015, le torrent des innovations ne semble pas vouloir se tarir. Même si, de ce flux interrompu, peu de projets surnagent ou triomphent finalement, les succès de 2014 ou les prémices de 2015 démontrent que le futur a encore de l’avenir. Parmi les nombreux palmarès annoncés traditionnellement en début d’année, deux se distinguent par leur pertinence : le classement des start-ups les plus prometteuses de l’Electronic Business Group et « les dix innovations numériques » repérées par l’observatoire Netexplo de l’Unesco.

Selon Thierry Happe, cofondateur de Netexplo, cité par Les Echos, la tendance s’inscrit cette année dans des projets censés « améliorer les relations entre les individus, entre les hommes et leur habitat direct, et plus globalement avec leur environnement. » Attention ! Le mot nouveau des mois qui viennent sera « Smart Life. » Une notion illustrée par exemple par l’application mobile Kappo qui permet de collecter les données de circulation des cyclistes de Santiago du Chili pour optimiser les transports « propres » dans la ville. Également basée sur le traitement des datas et la géolocalisation, une autre application, baptisée Sense Ebola Followup, a permis au Nigéria de contrer la diffusion du virus. Plus extraordinaire : le chinois Baïdu a présenté une « baguette magique connectée » capable d’évaluer l’éventuelle toxicité d’un aliment. Dans le même esprit, la start-up israélienne Scio propose un scanner de poche qui analyse la composition d’une boisson ou d’un plat…

Autre tendance : les technologies «  frugales ». Ainsi, une imprimante 3D fabriquée au Togo à partir de déchets électroniques vendue à moins de 100 euros. Sécurité alimentaire, santé publique, recyclage sont donc les perspectives identifiées par Netexplo.

Avec son approche plus « concrète » l’Electronic Business Group repère plutôt les secteurs « créateurs de valeur », ou ceux qu’il juge prometteurs. Sans grande surprise, parmi les projets distingués, les outils d’utilisation data des consommateurs sont largement représentés : Yseop, qui croise données et intelligence artificielle pour automatiser et personnaliser la relation client ou bien encore Predicsis, qui propose à la publicité ce que Minority Report proposait à la police, identifier les désirs des consommateurs avant eux-mêmes.

A noter, le succès de la start-up française Fitle qui permet via un avatar individualisé d’essayer des vêtements en ligne. Après avoir lancée une levée de fonds sur Kickstarter, Fitle semble bien partie pour convaincre les noms du prêt-à-porter. Cette technologie permet par exemple, en sus d’évaluer le tombé d’un chemisier, de mixer des vêtements de marques différentes, dans différents modèles ou coloris. Fitle peut même suggérer des associations, des panachages de produits adaptés au look de l’utilisateur. Une sorte de robot prescripteur de mode (qui, au passage, prélève un pourcentage sur les ventes) ! Près de 150 marques – de Manho à Diesel en passant par Calvin Klein ont déjà noué des partenariats avec l’entreprise.

Par Michel Delapierre

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