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Stephen Hawking est sans doute l’astrophysicien le plus connu du grand public et, lorsqu’il s’exprime sur notre avenir, tous les micros se tendent avant que sa parole ne fasse écho dans la plupart des médias du monde. Ainsi, ses déclarations à la BBC où il dit redouter que le développement de l’intelligence artificielle ne mette un jour en péril l’humanité ont été largement relayées : quand les machines penseront mieux que nous, rien ne les retiendra de s’affranchir de notre domination. Autrement dit, lorsque Frankenstein devient autonome, il prend la poudre d’escampette.

Elon Musk, patron de la marque automobile Tesla et gourou des nouvelles technologies compare même l’IA à l’invocation d’un démon que nous serons à terme incapables de maitriser. Terminator pourrait bientôt frapper à notre porte. Nous n’en sommes pas encore là, mais les récents progrès de l’intelligence artificielle laissent augurer des interactions avec les machines inimaginables il y a encore quelques années. Elles sont d’ores et déjà capables de comprendre les humains, de parler avec eux, d’apprendre par elles-mêmes ou même d’écrire comme nous.

Appuyez trois secondes sur le bouton de votre iPhone : Siri, l’assistant personnel d’Apple vous écoute et vous parle, comme savent le faire Cortana de Microsoft ou la version de Google. Cependant, pour impressionnantes qu’elles soient, ces cervelles artificielles sont encore bien limitées : si Siri sait trouver un restaurant à proximité, il est encore incapable d’apporter des réponses à des questions plus élaborées (si on lui demande un restaurant avec un parking et un menu enfant, Siri sèche).

Amelia, développé par IPsoft, va un peu plus loin. Doté d’un avatar au visage de jolie blonde bien coiffée, Amelia possède un niveau de compréhension comparable à celui d’un enfant de six ans, d’après ses créateurs. Elle est capable d’analyser l’état émotionnel d’un humain : sa voix devient plus douce si elle vous sent tendu ou s’adressera à un véritable humain si elle se sait incapable de vous aider dans vos demandes. Et elle en profitera même pour apprendre seule de votre discussion avec votre interlocuteur de chair. Amelia est capable de décomposer un message en éléments distincts pour les utiliser plus tard dans l’interaction. Amelia se souvient et propose. Pour Shell, elle aide par exemple le personnel à développer des cours pour la formation interne.

D’autres projets vont plus loin : Yseop, une société française, développe des programmes capables d’écrire un compte-rendu à partir de données brutes. Forbes ou même Associated Press utilisent déjà de telles technologies. L’Oréal, parmi d’autres, combine ces deux capacités : un des programmes de la firme est capable de conseiller une cliente sur ses besoins en cosmétiques en fonction de la description qu’elle fait de ses cheveux, par exemple. Comprendre un besoin, compulser et analyser des données, fournir une réponse pertinente et intelligible, voilà où en est l’intelligence artificielle. Le champ des applications potentiel est immense : centre d’appels, professions de santé, avocats, services financiers sont déjà concernés.

Avant de parvenir à prendre le pouvoir, les machines vont s’emparer de très nombreux emplois, et pas seulement dans l’industrie et les chaines de montage. Voilà sans doute ce que suggèrent les déclarations de Stephen Hawking, prononcées de sa voix éraillée et synthétique, basée sur un programme capable de suggérer des mots sans que l’astrophysicien paralysé par la sclérose n’ai à les saisir. Une voix devenue caractéristique et dont l’astrophysicien assure qu’il ne se séparerait pour rien au monde.

Par Michel Delapierre

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