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Stan Lee en a rêvé, l’armée américaine l’a fait. En 1963, alors que les États-Unis s’enfoncent la guerre du Viet Nam, le créateur de Spiderman imagine un soldat doté d’une armure équipée d’armes multiples capables de damer le pion aux ignobles Viêt-congs. L’avance technologique des USA permettra de vaincre la détermination des rebelles communistes, prédit-il. Même si sur ce point l’histoire lui a donné tort, sa vision d’un soldat caparaçonné de haute technologie est désormais une réalité : Iron Man est même devenu une référence pour l’industrie militaire américaine.

Si plusieurs propositions ont d’ores et déjà été présentées à l’état-major des USA pour répondre à ses appels d’offres, le projet Talos (Tactical Assault Light Operator Suit) tient la corde. Avant 2020, cette « battle suit » devrait être opérationnelle et offrir aux Boys une protection sans égale contre les balles, les chocs et le feu. Le MIT a déjà développé un système à base de « fluides magnétorhéologiques » capable de passer de l’état liquide à l’état solide lorsqu’il est frappé par un projectile. Même une balle de sniper serait incapable de le traverser. Une multitude de caméras et de capteurs permettront aux combattants de tirer un meilleur parti de leur environnement tout en informant les postes de commandement de leur état physique (état de fatigue, pulsations cardiaques…). Si, malgré tout, le combattant est touché, une mousse d’étanchéité libérée automatiquement viendra stopper l’hémorragie. Ainsi, l’armure devrait donner à celui qui la porte « un énorme avantage comparatif » sur ses ennemis, à condition qu’ils en soient eux-mêmes dépourvus.

Mais les Américains ne sont pas les seuls à prophétiser le combattant du futur : de leur côté, les Russes développent le projet « Ratnik », une armure couplée à une « cape d’invisibilité » indétectable aux infra rouges. En France, la Direction Générale de l’Armement mise également sur le camouflage numérique : le système Caméléo devrait permettre d’ici cinq ans de dissimuler les blindés aux yeux ennemis, avant d’équiper dans moins de dix ans le simple soldat.

Présenté à Paris en juin au salon mondial de la Défense et de la Sécurité terrestre et aéroterrestre Eurosatory, l’équipement russe vient de rentrer dans sa phase de tests opérationnels au sein de l’armée russe qui prévoit l’achat de plusieurs dizaines de milliers d’unités pour l’armée de terre.

Un déploiement qui se fera au détriment notamment du projet français. Baptisé Félin (Fantassin à Equipements et Liaisons INtégrés), l’armure nationale n’a pas su convaincre à l’export et les chaînes de fabrication de l’usine Sagem de Fougères s’arrêteront fin décembre. Les 5000 derniers exemplaires, sur une commande initiale de plus de 22000 unités, ne seront pas livrés à la DGA, qui a préféré s’en tenir là. L’autre projet français, baptisé Héraclès, devrait permettre, à l’horizon 2020, aux soldats français de transporter sans effort jusqu’à 100 kilos de matériel. Mais, comme les autres projets du même type, l’exosquelette tricolore bute lui sur un problème de taille : les batteries capables de le rendre efficace plus de quatre heures restent à inventer.

Par Michel Delapierre

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