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Le Mondial de l’Automobile bat son plein depuis quelques jours à Paris. Plus grand salon automobile au monde, cette manifestation organisée en alternance à Paris et Francfort est l’occasion pour les constructeurs de présenter les nouveaux modèles mais c’est aussi l’opportunité pour eux de faire étalage des innovations sur lesquelles ils travaillent à plus ou moins brève échéance. Pour tendances.info c’est l’occasion de faire le point sur l’innovation dans le secteur automobile. Une exploration que nous mènerons en 3 étapes. Nous explorerons tout d’abord les innovations dans le domaine de la consommation et des carburants, puis nous nous intéresserons à l’ergonomie et à la sécurité. Enfin nous terminerons par les innovations qui modifient la chaîne de valeur de l’industrie automobile, notamment au niveau de la production et de la création de services autour de la voiture.

Avec en toile de fond la question des émissions de carbone et les menaces de hausses du prix du pétrole, les constructeurs d’automobile ne peuvent faire l’impasse sur la question de la consommation des véhicules. Quelques jours avant l’ouverture du Salon de l’automobile, les constructeurs français se sont livrés à une petite guerre de communiqué. Alors que PSA annonce vouloir lancer des véhicules consommant 2l aux 100 kilomètres d’ici à 2020, Renault de son côté annonce un objectif de 1l aux 100 d’ici 2025. Ces projets font partie des programmes financés par le gouvernement français dans le cadre de la Plateforme de la Filière Automobile lancée en mars 2014. L’objectif est de proposer d’ici 6 ans un véhicule abordable et consommant peu de carburant. Evidemment cette baisse de la consommation passe principalement par un allègement du poids des voitures et l’utilisation de moteurs hybrides. Dans leurs choix sur ce dernier aspect, PSA et Renault divergent. Pour cette dernière l’idée est de miser Sur un moteur électrique « miniaturisé » et logé dans le système d’embrayage. Doté d’une puissance de 50 kW, il devrait permettre au véhicule de rouler une soixantaine de kilomètres à l’énergie électrique. Le concept car Eolab, qui préfigure ce véhicule qui serait vendu pour le prix d’une Clio, est présenté par Renault au Salon de l’Automobile. Pour PSA le choix  est différent puisque le moteur essence sera hybridé avec un moteur à air comprimé. Celui-ci utilisera l’inertie du véhicule en déplacement pour envoyer un fluide dans des réservoirs d’azote. La compression du gaz servira à entraîner deux moteurs-pompes qui peuvent alors assister ou suppléer le moteur essence. Cette solution baptisée Hybrid Air, présentée au Salon sur une Peugeot 208 et une Citroën C4 Cactus, offre plusieurs avantages. En misant sur l’air comprimé et malgré le poids des réservoirs d’azote, PSA réalise un gain sérieux en matière de poids par rapport à une solution électrique qui nécessite de lourdes batteries pour stocker l’électricité produite. Autre avantage, le coût des batteries lithium-ion est autrement plus élevé que celui des réservoirs d’azote. Mais ces innovations, et le discours du ministre français de l’économie, Emmanuel Macron, qui estimait la semaine dernière que la France était « en train d’inventer la voiture de demain », d’autres constructeurs dans d’autres pays sont également très en pointe. Toyota par exemple a pris une part importante du marché des véhicules hybrides, notamment avec sa Prius. Mais la marque japonaise s’apprête à frapper un grand coup avec sa Toyota FCV, la première voiture à pile à combustible (fonctionnant à l’hydrogène). Déjà commercialisée au Japon, cette voiture arrivera l’an prochain en Europe. Et même si la faiblesse des équipements destinés à l’approvisionnement en hydrogène, et un design bien moins révolutionnaire que son moteur, pourraient limiter le succès commercial de ce véhicule qui devrait être vendu autour de 50.000 euros, Toyota a d’ores et déjà réussi un vrai tour de force. Alors que le prix d’un moteur à pile à combustible était évalué à près de 780.000 euros il y a 10 ans, Toyota a fait chuter le coût de plus de 95%.
Un autre acteur sérieux de cette « guerre des carburants » est la société Tesla, de l’américain Elon Musk, l’un des fondateurs de Paypal. Ce fabricant de voitures électriques basé à Palo Alto en Californie détient certes une part de marché minime dans les véhicules électriques et une production de 35000 véhicules sur l’année en cours. Mais l’annonce en juin dernier de l’ouverture des brevets des voitures Tesla au public a surpris tout le monde dans un secteur habitué à protéger ses petits secrets. Si Elon Musk a justifié ce choix par sa foi en la capacité du partage de l’information et des connaissances à accélérer l’innovation, il faut certainement y voir une autre raison, plus pragmatique. Le handicap de Tesla Motors c’est le réseau commercial face à des constructeurs automobiles disposant de milliers de concessions de part le monde. Mais sa force c’est l’investissement réalisé autour des batteries, qui se matérialisera en 2020 lorsque l’usine Gigafactory sera pleinement opérationnelle. Ce projet promet de réduire de manière importante les coûts de fabrication des batteries lithium-ion. Mais l’investissement est conséquent. Malgré les aides de l’état du Nevada où sera implantée l’usine, le coût devrait avoisiner les 4 milliards d’euros. Et il n’est pas certain que les ventes des voitures Tesla suffiront à amortir rapidement ce coût. Cependant la mise à disposition des brevets développés par Tesla transforme ces véhicules en plateforme sur la base de laquelle d’autres constructeurs pourraient développer leurs propres véhicules électriques, en utilisant des batteries produites par Gigafactory.

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