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Depuis le 22 septembre, Google a décidé de nous forcer un peu moins la main pour rejoindre son réseau social maison, Google+. Jusque-là, la création d’un nouveau compte Google entrainait le ralliement automatique au réseau. Désormais, le choix de rejoindre ou non Google+ est laissé à l’utilisateur, via un bouton « non-merci ». Après trois ans d’existence, ce revirement marque peut-être le crépuscule du réseau social propre au moteur omnipotent. En avril, déjà, le départ de Vic Gundotra, vice-président chargé des « activités sociales » et qui avait dirigé la construction du réseau avait été interprété comme une reculade. En effet, malgré les inscriptions contraintes et la puissance de feu du moteur, Google+ n’était pas parvenu à s’imposer durablement depuis sa création en 2011. Selon la firme, les utilisateurs réguliers de son réseau dépasseraient les 300 millions (soit à peine 30% du milliard d’utilisateurs inscrits), contre un milliard pour Facebook. Déjà, les 1000 employés de Google + seraient en voie de réaffectation à l’intérieur du groupe, et l’avenir même du réseau, avec l’abandon des inscriptions forcées, semble compromis. Le fleuron du réseau, le système de visioconférence Hangout, vole d’ores et déjà de ses propres ailes en tant qu’application autonome.

En effet, depuis 2013, Google+ permet d’accéder directement via son compte d’identification à une série d’application et de sites, sur le modèle proposé par Facebook. Mais le partage concentrique de contenus, idée maitresse du réseau à sa création, n’a su convaincre ni les utilisateurs, ni les marques qui lui préfèrent nettement Facebook. Pour nombre d’internautes, Google+ a même installé une défiance forte : des photos de profil ont par exemple été utilisées à des fins publicitaires (par défaut, Google+ autorisait cette utilisation). La firme imposait également à ses utilisateurs de n’utiliser que leur véritable identité sur le réseau. Même si cette contrainte a été officiellement abandonnée en juillet dernier, pour de très nombreux utilisateurs, la recherche de main mise sur les données personnelles était par trop étouffante. Pendant quelque temps, plutôt que la contrainte, Google s’est essayé au donnant donnant : le contenu émis par un utilisateur référencé par Google+ permettait un affichage plus favorable sur les pages de recherches du moteur. Mais l’expérimentation n’a pas duré longtemps : en aout, l’un des responsables SEO de Google annonçait la fin de ce service…

Le renoncement programmé de Google est un nouvel échec pour la firme de Moutain View sur le terrain des réseaux sociaux : en juillet dernier, Orkut, lancé dès 2004, au même moment que Facebook, a fermé ses portes, avec une disparition complète programmée le 30 septembre 2014. Ce réseau social, peu connu en Europe, avait pourtant rencontré un certain succès au Brésil, y réunissant jusqu’à 25 millions d’utilisateurs ou encore en Inde et même en Iran. Mais, paradoxalement, la croissance d’Orkut n’a pas survécu à la cannibalisation de Youtube, Blogger et même de Google+… En renonçant, à « forcer la main » à ses utilisateurs lors de leur inscription, Google a sans doute choisi de redorer son blason, de donner force à son slogan « don’t be evil » et d’améliorer la qualité de ses services au détriment de la quantité. Sans pour autant renoncer à tirer partie de son réseau social : la liste de ses acquisitions récentes est impressionnante, parmi elles, Polar, start-up spécialisée dans les sondages en ligne. Une autre façon, sans doute, de rentabiliser ce qu’il reste de Google+.

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