SHARE

Depuis 2011, Google, avec quelques partenaires (Lego, National Geographic …) organise un concours international d’invention destiné aux 13-18 ans. Et sincèrement, les inventions et découvertes proposées par les lauréats n’ont rien à envier à des projets conduits par des adultes. Parmi les gagnants des dernières éditions, Brittany Wenger qui a remporté la compétition dans la catégorie 17-18 ans avec son système neuronal capable d’analyser le caractère malin de tumeurs avec une précision de 99 %. Ou encore Jonah Kohn qui en 2012 dans la catégorie de 13-14 ans a emporté le vote grâce à un système destiné aux malentendants qui permet de transcrire le son en sensations tactiles.
Les votes de l’édition 2014, dont les inscriptions sont closes depuis le 13 mai dernier, seront fermés le 14 septembre prochain. Parmi les finalistes pour lesquels les internautes peuvent voter figure un Français, Guillaume Rolland, âgé de 17 ans, qui propose un réveil matin dans lequel le son est remplacé par des odeurs. Au lieu d’être réveillé en fanfare, c’est avec le parfum de la menthe par exemple que vous pouvez sortir des bras de Morphée. Il sera en concurrence avec quatre autres projets concernant des dispositifs non-invasif de traitement du cancer, un système de nettoyage du sable pollué par les hydrocarbures, un bruleur à ultrasons et un système de production d’électricité et de purification d’eau. Parmi les finalistes mondiaux de la catégorie des 13-14 ans, deux projets sont intéressants par rapport au débat qui agite l’éducation nationale sur l’idée d’enseigner la programmation à l’école. Celui de Pranav Sivakumar, un jeune américain de 14 ans, passionné d’astronomie. En utilisant des données publiques d’un programme de recherche sur les quasars, des galaxies extrêmement lumineuses qui entoureraient des trous noirs supermassifs, il a rédigé un algorithme qui permet de discriminer ces objets célestes lors d’observations astronomiques. Un autre candidat, Mihir Garimella, à créé un algorithme qui permet à un drone volant d’établir une stratégie de fuite face à un danger. Son travail s’est basé sur l’observation de la mouche drosophile. Son idée est de permettre à des drones volants utilisés pour des missions d’exploration et de recherche, après un tremblement de terre par exemple, d’éviter la chute de débris. Dans les deux cas ce qui est frappant c’est de voir des chercheurs de 14 ans transcrire un processus (l’observation visuelle d’objets célestes ou l’envol d’une mouche drosophile) en langage de programmation afin de proposer une innovation. Sans enlever au génie de ces candidats, on voit bien l’intérêt de l’apprentissage du codage informatique, bien sûr accompagné des savoirs fondamentaux, dans l’éducation des enfants. Dans un monde ou nous allons vivre entourés d’appareils communicants, connectés, programmés ou programmables, la capacité à comprendre, à interpréter et à utiliser ces langages est un avantage certain pour les jeunes générations. Le concours organisé par Google démontre combien la maîtrise de la programmation permet de stimuler les capacités d’innovation. Mais au delà du codage informatique c’est même toute la question de la créativité qui se pose dans un système éducatif comme celui de la France. La pratique des concours scientifiques dans les écoles américaines, la valorisation de l’expérimentation dans l’enseignement scientifique et l’acquisition de connaissances pratiques, sont de puissants stimulants à la créativité des jeunes américains. Et bien entendu, même si ce n’est pas la seule explication, cela permet de comprendre pourquoi les Etats-Unis occupent le haut du podium en matière d’innovation quand la France recule toujours plus.

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here