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Quelques mois après avoir dévoilé son projet de lentilles de contact intelligentes (smart lenses), Google(X), le laboratoire de recherche de la société de Larry Page et Sergueï Brin, signe un partenariat majeur pour l’utilisation de son invention dans le secteur de la santé.

En janvier 2014, Google(X) annonçait travailler au développement d’une lentille de contact intelligente depuis près de 18 mois. Ce projet venait compléter les innovations en cours de développement par la filiale R&D du géant de l’Internet : la voiture autopilotée Google Car et les Google Glasses. Ces smart lenses sont nées il y a quelques années des recherches et réflexion de deux chercheurs de l’Université de Washington, Brian Otis et Babak Parviz. Financés au départ par des fonds publics, ils ont essayé d’intéresser Microsoft à leur projet, sans grand succès. Il aura suffit d’une description du projet sur une simple feuille de papier pour que Babak Parviz ne séduise Larry Page et Sergueï Brin. Les deux chercheurs ont quitté l’université pour le soleil californien et les laboratoires secrets de Google(X). Parallèlement aux smart lenses Parviz a dirigé le projet Google Glass. Il a également développé une lentille intelligente équipée d’une caméra. Cependant, quelques jours avant la signature de l’accord avec Novartis, il a quitté le géant de Mountain View pour rejoindre le groupe Amazon.
Lorsque le projet a été dévoilé, les équipes de Google(X) n’ont pas caché leur ambition d’utiliser les « smart lenses » dans le domaine de la santé et notamment dans le contrôle de la glycémie chez le patient diabétique. Un souhait qui fait des lentilles intelligentes des dispositifs médicaux soumis à un important contrôle réglementaire. Et même si le groupe avait commencé à lancer des études cliniques pour prouver l’efficacité de cet appareiĺ chez des patients, il semblait logique que Google s’adosse à un poids lourd du secteur pour profiter de son expertise. C’est chose faite depuis le mois de juillet avec l’acquisition par Alcon, la filiale de Novartis dans l’ophtalmologie, d’une licence pour le développement de solutions dans la santé basées sur les smart lenses.
Si le montant de l’accord n’a pas été dévoilé, Novartis réfléchit à deux applications de l’invention : le suivi de la glycémie, précédemment évoqué, et la correction de la presbytie.
Dans son application pour le contrôle de la glycémie, la lentille est équipée d’un capteur miniaturisé qui analyse la teneur en glucose du liquide lacrymal. Ces données sont expédiées sur l’appareil portable de l’utilisateur. Cet appareil fournit par ailleurs l’électricité nécessaire au fonctionnement de la lentille intelligente. Son rayonnement électromagnétique est captée par un circuit imprimé incrusté dans la lentille et transformé en énergie électrique.
Des projets concurrents existent, notamment celui de la société néerlandaise Noviosense, avec un implant qui se glisse sous la paupière inférieure. Mais la puissance conjuguée de Google et Novartis, devrait permettre à la lentille intelligente de s’imposer largement sur le marché, pourvu que les résultats des mesures soient précis.
Et si aujourd’hui le projet est de transmettre les mesures à une application sur un appareil mobile, on peut imaginer que dans un avenir proche ces mesures servent à définir la dose d’insuline à injecter au patient par le biais d’une pompe implantée sous la peau et qui pourra fonctionner en autonomie pendant près d’un an. La société Intarcia Therapeutics développe un tel projet pour l’injection d’exénatide, un traitement du diabète.
Et au delà de son intérêt pour le patient diabétique, la smart lens préfigure le projet d’homme augmenté que l’un des responsables de Google, Ray Kurzweil, grand défenseur du transhumanisme, appelle de ses voeux. Mais de cela nous aurons largement l’occasion de reparler.

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