SHARE

Il y a deux jours Apple officialisait le retour dans l’App Store d’applications de portefeuilles électroniques autour du Bitcoin. Six mois après avoir été exclue, l’application de Blockchain, la solution de stockage de bitcoins la plus répandue, est donc de retour sur les iPhones. Entre temps Apple a modifié ses règles de soumission d’application. Parmi ces changements, présentés lors de la Worldwide Developer Conference organisée à San Francisco du 2 au 6 juin dernier, l’un d’eux concerne directement les crypto-monnaies : « Les applications peuvent faciliter la transmissions de monnaies virtuelles approuvées, à condition que cela soit fait en conformité avec les lois des territoires dans lesquels ces applications fonctionnent ». Certes Apple se protège en cas de durcissement de la réglementation autour des monnaies virtuelles, mais en tout cas la conséquence directe reste le retour de l’application Blockchain, et l’arrivée d’une nouvelle, Coin Pocket. Ce revirement de la firme de Cupertino vis à vis des crypto-monnaies est étonnant. Car, si lors de la décision de retirer les applications proposant des fonctions de portemonnaies électroniques pour le Bitcoin, Apple n’avait pas communiqué sur ses motivations, de nombreux observateurs avaient spéculé sur la volonté de la société d’entrer sur le marché du paiement électronique. Il faut dire que les enjeux sont énormes, et que le marché se développe à grande vitesse. Il y a quelques mois la société Forrester Research évaluait le marché à 12,8 milliards de dollars en 2012, et à 90 milliards en 2017. Et Apple peut légitimement penser avoir quelques atouts pour entrer dans la partie. En 2013 la société affirmait avoir 575 millions d’utilisateurs enregistrés sur iTunes, avec à chaque fois une carte de crédit associée. La dernière génération d’iPhone intègre un lecteur d’empreintes digitales, qui pourrait servir à authentifier, et ainsi sécuriser les paiements (l’un des cauchemars des acteurs du secteur reste la gestion des contentieux entre les commerçants et des acheteurs qui affirment n’avoir pas effectué l’achat). Mais Apple dépose aussi des brevets et développe des solutions autour du paiement mobile, comme par exemple le iBeacon. Même si cela n’a pas été confirmé par le géant de Cupertino, une de ses dirigeantes clés, Jennifer Bailey, se serait vu confier la mission de développer une offre autour du paiement. Enfin, au printemps dernier, le PDG, Tim Cook, dans une présentations de résultats trimestriels à des analystes, déclarait que Apple « avait déjà des clients utilisant le Touch ID (le lecteur d’empreinte digitale) pour acheter des articles dans les magasins Apple » et il ajoutait que c’était donc « un sujet d’intérêt pour Apple ». Mais si cette stratégie de retirer les Blockchain et autres en début d’année peut paraître logique si Apple souhaite investir le secteur, comment comprendre ce revirement. On peut proposer quelques éléments de réponse. Il est possible qu’Apple considère ne pas être encore prêt à lancer sa solution de paiement mobile et préfère observer ses concurrents, dont les portefeuilles électronique de bitcoins, pour apprendre d’eux. Mais il n’est pas impossible non plus que la décision d’Apple d’interdire les applications autour du Bitcoin ait tendu ses relations avec la communauté des développeurs d’applications, souvent très en pointe pour défendre les crypto-monnaies. Du coup, il s’agirait plus de la partie visible de la lutte que se livrent Apple et Google pour attirer les meilleures applications sur leur environnement. Car si Apple a longtemps eu l’avantage, l’arbitraire de certaines de ses décisions a souvent été dénoncé par des développeurs. 

2 COMMENTS

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here